Hôtel Ritz-Carlton, Anne-Marie Leroy, Première vice Présidente et conseillère juridique de la Banque Mondiale, était l’invitée très spéciale de la Gouvernance au Féminin. Un cocktail de réseautage et d’entrevue orchestrée par Caroline Codsi qui n’a de cesse de nous inspirer avec des modèles d’excellence et de réussite féminine.

L’entrevue relatait un parcours éblouissant d’une invitée aussi inspirante que modeste sur le fait de sa réussite. Prise de conscience des jeunes femmes et potentiel inexploité, rôle des figures d’exemple et de la famille et volontarisme des politiques furent les trois angles de discussion abordés ce soir là.

Jeunes femmes aujourd’hui: un potentiel inexploité ?

« Le problème des jeunes femmes qui débutent leur vie active, est de ne pas savoir se projeter dans des postes à fonctions et responsabilités importantes » explique Anne-Marie Leroy. Trois points bloqueraient l’avancée des jeunes femmes aujourd’hui:

  1. Elles ne prennent pas conscience des possibilités dont elles disposent.
  2. Elles ne vont pas au maximum de leur potentiel au moment de s’engager dans des études ou sur le marché du travail.
  3. Même lancées, elles ressentent encore trop souvent un sentiment d’illégitimité qui représente un frein à leur évolution.

Le rôle des mères, des pères et des enseignants est alors crucial. « Il faut faire émerger l’idée que les jeunes femmes peuvent au même titre que les hommes prétendre à de bonnes études, à des carrières solides ». Les jeunes femmes réduiraient trop souvent leurs possibilités, anticipant ce qui n’a pas encore lieu d’être (enfants, vie de famille etc.), et là commence le retard par rapport à leur collègues masculins.

J’ai eu la chance d’échanger quelques mots avec Anne-Marie Leroy à la fin de la conférence : « Il était important pour moi de venir ici aujourd’hui pour partager mon expérience, dire que tout est possible à qui le souhaite, l’ambition de chacun(e) se doit d’être reconnue et exploitée ».

Les enfants: vous leur rendrez service.

Il faut cesser de nous enfermer dans le carcan de la culpabilité. Anne-Marie Leroy confie : « il est dommage que les femmes se privent d’opportunités au moment où elles pourraient le plus avancer dans leur carrière, moment qu’elles ne retrouveront jamais ». Bien sûr, cela m’interpelle : tout le monde n’a pas forcément l’envie ou l’ambition de grandes carrières. Je comprends qu’il ne s’agit pas ici de dévaloriser les professions à moins grandes implications, plutôt de décomplexer les femmes qui minimiseraient leurs possibilités par l’anticipation prématurée et faussée de la place donnée pour la vie de famille.

Anne-Marie Leroy ajoute: « Il faut donner l’exemple aux enfants, une mère active est toujours source d’inspiration pour les enfants ». Elle même se réjouit de voir aujourd’hui ses deux fils fonctionner avec leurs compagnes respectives de la même manière qu’ils ont vu leur mère évoluer: « il est pour eux tout à fait normal que leurs femmes travaillent et aillent au bout de leurs ambitions et rêves professionnels ».

Le couple: un partenariat nécessaire.

Je retiens l’expression d’Anne-Marie sur le couple: « un partenariat d’égaux ». De fait, l’équilibre familial en dépend. Chacun doit pouvoir trouver sa place, avancer dans sa sphère professionnelle, atteindre ses objectifs personnels dans un climat sain de soutien et d’accompagnement. Le partage des responsabilités et des tâches au quotidien relève d’une véritable organisation et de compréhension mutuelle.

La parité n’arrive pas sans pro activité

Le troisième volet de l’entrevue souligne la nécessité d’encadrer politiquement les démarches qui mènent à amener les femmes vers les postes de haute responsabilité. Le débat du quota revient sur la table. Ne risque-t-on pas de promouvoir des femmes incompétentes dans notre désir de parité absolue crieraient certain(e) s ? “Le jour où l’on nommera des femmes incompétentes dans des postes importants, c’est à ce moment là qu’on pourra parler d’égalité” répondent en coeur Anne-Marie et Caroline Codsi. Dans la salle, on rit et on approuve.

Rien n’est insurmontable rappelle Anne-Marie Leroy qui partage avec nous son expérience internationale lors de ces mandats en Tunisie et au Moyen Orient.Quand on veut on peut. Il s’agit d’un volontarisme politique d’amener les femmes au travail.  En France, elle évoque le volontarisme des années Lionel Jospin qui mena une vraie politique pour la parité dans son ministère. Il faut donc faire preuve de volontarisme, de constance et de vigilance pour éviter les retours en arrière.

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Le cocktail s’achève sur une note de positivisme tout à fait inspirante. La prise de conscience, l’effort et la volonté auront été les maitres mots de ce 5@7 aux couleurs de l’ambition et de la détermination féminine. Je remercie Caroline Codsi qui se charge de faire changer les mœurs et de faire émerger en nous, femmes et hommes, d’aller au delà des habitudes.

Journal de Montréal : Blogue Tout partout en ville de Rodger Brulotte, 11 novembre 2015 :